Ce que les neurosciences nous apprennent sur le management

21 mars 2019 par
Ce que les neurosciences nous apprennent sur le management
Jean-François THISSEN
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Neurosciences

Connaissez-vous le « Manager neuro-amical » que les neurosciences mettent en lumière ? Ce « super manager » protège ses collaborateurs, organise leur travail et réduit le niveau général de stress de votre entreprise. Intéressant, non?

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Gérer ses équipes en s’inspirant des connaissances sur le fonctionnement du cerveau porte la promesse de davantage de bien-être, de créativité et d’efficacité en entreprise. Conseils d’experts.

Elles s’immiscent désormais dans toutes les strates de la société. Nées il y a 50 ans à la croisée de différentes disciplines, les neurosciences, qui connaissent depuis deux décennies un développement fulgurant grâce aux progrès réalisés dans le domaine de la neuro-imagerie, viennent bouleverser nos connaissances et nos certitudes. Neurones miroirs, neuroplasticité, rôle des neurotransmetteurs… les neurosciences décryptent le fonctionnement du cerveau. De l’éducation au marketing en passant par le travail, elles trouvent également de plus en plus de champs d’application en entreprise, en mettant en lumière des éléments dont le cerveau a besoin pour s’épanouir et contribuer ainsi au bien-être et à la motivation des collaborateurs.

« La neuroscience donne aujourd’hui les outils pour définir le ‘manager neuro-amical’ : celui qui prend soin de son cerveau ainsi que de celui des autres »

« Les neurosciences sont arrivées après des décennies d’usage intensif des process. On se rend compte qu’on a beau mettre ceux-ci en route, il y a toujours un facteur humain qui fait qu’au dernier moment, cela ne se passe pas comme prévu. Surtout, ces process avaient un grand inconvénient, celui de démotiver l’humain », lance le professeur Pierre-Marie Lledo, directeur du département de neurosciences à l’Institut Pasteur. « La neuroscience donne aujourd’hui les outils pour définir le ‘manager neuro-amical’ : celui qui prend soin de son cerveau ainsi que de celui des autres », relève-t-il.

Protéger de « l’infobésité »

En premier lieu, le manager doit protéger de l’« infobésité », c’est-à-dire d’une surcharge d’informations et d’e-mails dont nous sommes de plus en plus bombardés... Aussi, un manager qui s’inspire des neurosciences est celui qui rythme et organise l’échange d’information. « Il met des filtres. Avant d’envoyer un message, il vérifie si le contenu fait passer une information qui permet de comprendre, plutôt que de savoir », explique le professeur Lledo. Car la transmission de l’information est loin de suffire au cerveau : celui-ci a un besoin impératif de comprendre.

La reconnaissance est clé

Pour David Destoc, directeur d’OasYs Mobilisation, un cabinet d’accompagnement du changement et du management, le manager, en plus d’être un « donneur de sens » et un « pilote d’activité », est un « développeur de personnes ». En effet, la reconnaissance a une réalité physiologique : elle active les circuits neurologiques de la récompense sur lesquels repose la motivation, mais aussi la confiance et la cohésion sociale. Alors pourquoi ne pas mettre en place des dispositifs de feedback réguliers plutôt que d’attendre l’entretien annuel, se demande cet expert. Une manière en même temps de développer la proximité et le sentiment d’appartenance.

Savoir écouter

De son côté, le professeur Lledo souligne qu’aujourd’hui, seule une personne sur dix est motivée au travail. Comment y remédier ? « Un manager qui s’inspire des neurosciences sait qu’on ne motive pas par l’injonction, en disant : motive-toi ! ». La motivation est une force intrinsèque de volonté d’apprendre et de se transformer. Le manager doit donc être à l’écoute de ses collaborateurs et ce, quel que soit le niveau qu’ils occupent au sein de l’organisation, estime le scientifique.

La décision, entre raison et émotion

Autre enseignement que nous apporte l’étude du cerveau, une décision est toujours un hybride entre le rationnel et l’émotionnel. Autrement dit, la réflexion n’est pas qu’une question de calcul, elle se nourrit aussi des émotions et de l’intuition. C’est d’ailleurs bien cela sa force face aux algorithmes et autres processus automatiques...

Un cerveau plus efficace le matin

Il est également essentiel de maintenir une bonne hygiène de vie et respecter le rythme du cerveau pour ne  pas perturber sa productivité . En effet, la science nous apprend que le cerveau est plus efficace le matin, moment propice à un travail de fond ainsi qu’à la prise de décision, tandis que l’après-midi se prête davantage aux sollicitations relationnelles et à la communication. « Faire une réunion de décision de fond en fin de journée est moins approprié que le matin », remarque ainsi David Destoc.

Enfin, n’oublions pas une force essentielle du cerveau : sa plasticité, autrement dit, sa capacité à sans cesse créer des connexions et à se régénérer. Il n’y a donc pas d’âge pour développer des compétences, apprendre, se former et évoluer !



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Jean-François THISSEN 21 mars 2019
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